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20 juillet 1997
Postuler le 31 mai 2016
ARTS PLASTIQUES DE MAHR7S 2002
La presse -20.07.97

 

L’EPOPEE PICTURALE DE MAHARES


Le festival de Maharès a aujourd’hui 14 ans … Quel bilan peut-on en dresser sans être injustice envers les efforts remarquables qui ont été fournis pendant de longues années pour assurer la pérennité et sans chercher à flatter l’orgueil des uns et des autres. Comme toute action culturelle, le Festival de Maharès a connu des hauts et des bas et se caractérise par des points forts et des points faibles dont il convient d’établir, aux côtés  de Youssef Rekik l’archéologie : « Al ‘Ere du Changement, les enfants, la jeunesse scolaire et les jeunes générations ont gardé en mémoire, comme le flux et le reflux de la mer, ces flots rejetés de la créativité de la cité. Venus de toute la Tunisie et des cinq continents, les artistes ont participé à l’embellissement de la ville de Maharès. A mon sens, le plus grand acquis du Festival, c’est son enracinement dans la cité. Toute la ville de Maharès est imbibée par le passage de nombreux artistes qui, d’année en année, laissent une sculpture monumentale ou une fresque, en témoignage de leur passage. De la sorte, Maharès est devenue, au fil des ans, un musée à ciel ouvert. N’est-ce pas là le plus beau signe de la réussite du Festival ? Vous savez que Maharès signifie étymologiquement la citadelle…

De la sorte, il revient à la mémoire les guerres, les affrontements, le sang qui a coulé au long des siècles … Aujourd’hui Maharès est la gardienne de la paix, de la paix universelle, du dialogue entre les cultures et la communication artistique. C’est là le deuxième point fort de notre manifestation. »

Habitée modestement par l’Histoire, Maharès avance humblement dans le temps qui passe…Maharès, ce n’est pas Sfax, ce n’est pas Gabès, ce n’est pas Kairouan… C’est tout juste un modeste petit village est né un grand rêve : celui de rassembler les nations autour d’un idéal esthétique. Pour la réalisation  de cette utopie, il a fallu l’endurance, le courage l’audace, la patience et la force d’un homme aussi exceptionnel que Youssef Rekik : «j’ai voulu quelque chose de grand pour mon village …. J’ai voulu un Festival d’Arts Plastiques...Je l’ai fondé en 1988 avec l’aide et le soutien de nombreux amis. Les gens de Maharès ont répondu favorablement à notre appel quand bien même ils étaient étonnés de nous voir couvrir les murs blancs de la ville des couleurs les plus vives et les plus fortes. Ils ont eu pitié de nous… C’est la première fois de leur existence qu’ils voyaient des artistes prendre possession de leur cité. Je crois même qu’ils nous ont pris pour des fous. Ils ont eu la sagesse d’accepter notre folie et de nous accorder l’hospitalité de leurs demeures. Puis, peu à peu, ils ont apprécié nos objectifs et ont mieux jugé nos actions. Ils ont adhéré à notre appel. Ils ont compris que nous voulions, à travers ce festival, aider Maharès à assumer son destin. En soutenant les Arts Plastiques, Maharès a eu droit à la reconnaissance de tous les artistes. C’est ce dialogue fécond qui a permis à Maharès d’obtenir le prix de la ville la plus belle et la plus propre ».

Le festival de Maharès est entièrement axé sur la communication, l’ouverture, la fête, le dialogue et la concorde. Aucune tendance ne vient en perturber le processus. Libre et indépendant, le festival de Maharès avance dans la spontanéité et dans l’innocence. En décentralisant volontairement un événement aussi important, et unique en son genre en Tunisie, Youssef Rekik multiplie les difficultés, les défis et les dépassements. Les nostalgiques des places fortes auraient souhaité une « citadelle » encore plus prestigieuse que ce « Maharès » qui ne « garde » rien… Ville s’élevant dans le ciel sans remparts, sans citadelle et sans fortifications, on est en droit de s’interroger sur sa capacité à défendre ses biens terrestres. Mais on ne peut douter de sa capacité à protéger ses biens spirituels. C’est peut-être cette profonde prière qui à été entendue par l’artiste voyant Youssef Rekik.

Maharès deviendra la citadelle des Arts Plastiques. Voila le noble but de Youssef Rekik. Maharès  a réussi à durer malgré les obstacles de toute sorte, malgré les conflits, malgré la pénurie des moyens, malgré l’éloignement de la capitale et malgré les contingences de toute sorte…Ce qui a permis au Festival de Maharès de résister et de durer, c’est la volonté de communiquer, la soif de rencontre, l’espoir d’un dialogue artistique fructueux entre l’Orient  et l’Occident. Le Festival de Maharès est une des plus belles manifestations du génie tunisien dans sa volonté d’aller vers les autres. Bien sûr, il y a les festivals de Carthage, Douz, Tabalka, Hammamet, El Jem, kélibia… Mais il y a aussi et surtout le festival International d’Arts Plastique de Maharès qu’il faut préserver, consolider et encourager…

Cette passerelle généreuse qui se dresse entre l’Orient et l’Occident pour enjamber allègrement la Méditerranée doit être sauvegardée et empruntée par tous les hommes de bonne volonté. Chaque festival a sa nécessité historique, sociologique, culturelle et économique… Le festival de Maharès a, pour la justification de son existence, des motivations dont il est maître et des motivations qui le dépassent. C’est là un signe évident de réussite que l’on doit en premier lieu à Youssef Rekik : « On parle du Festival de Maharès dans toute la Tunisie et aussi dans le monde entier.

 

Arrivé à sa dixième année d’exercice, le Festival des Arts Plastique de Maharès s’installe. A l’origine, c’était un petit festival qui se proposait, comme partout ailleurs en Tunisie, d’animer un village de Sud boudé par une nature ingrate ; Maharès souffre d’une mer à deux marées ; quand, le matin, la haute se retire, on ne peut pas se baigner, et quand elle revient, le soir, la marée basse lui cède son territoire, mais déjà Sali par le déversoir d’une  pollution tellurique, ici inquiétante.

Alors, les gens se sont organisés depuis 1988, en association dénommée « Festival des Arts Plastiques de Maharès » présidée par Youssef Rekik, secondé par Bibi Hachmi, Cheniour Abdellaziz, Haba Smail et Derbal Mahdi.

L’association est subventionnée et soutenue par les citoyens de Maharès, le Ministère de la culture, l’Office de Tourisme, le Gouvernorat de Sfax, le RCD. Et comme un festival coûte toujours cher (surtout celui-ci qui loge plus de quatre-vingt artistes et fourni aux plasticiens les matériaux de travail : toiles, fer, bois, verre…).

Ce festival, donc, qui se propose d’être-comme le dit Youssef Rekik

Un espace de rencontre artistique sans frontière en vue de « mettre en valeur les valeurs ».

Le Festival de Maharès est une manifestation à double sens : des artistes de tous bords et de toutes nationalités ont marqué leur séjour d’une pierre blanche et par là même ont laissé leur empreinte à tout jamais dans ce village, mais ils ont également emporté avec eux les témoignages d’une nouvelle conception de l’art.

On a constaté qu’a chaque session il y a rencontres, dialogues, échanges aboutissant à une communion total entre les participants qu’ils soient artistes ou profanes. Ainsi l’art, dans un espace ouvert en plein air, devient l’affaire de tous.
A la clôture de la deuxième session (1989), un comité de soutien international avait été constitué.
Un projet de création d’une cité des arts étaient depuis à l’étude. Au programme, on avait prévu les constructions suivantes : des locaux d’hébergement, un espace pour des expositions, une bibliothèque, une sale polyvalente, un centre de documentation…
Cette cité aurait eu pour mission d’accueillir des artistes venant du monde entier pour des séjours de création. Malheureusement, ce projet n’a pas abouti, faute de moyens.
L’espace du festival : Maharès, une ville située au bord de la Méditerranée, à 300 Km de Tunisie et à 30Km de Sfax ou se trouve un aéroport international. C’est une petite ville de 20000 habitants qui sont essentiellement des agriculteurs et des pêcheurs. Des champs d’oliviers et des arbres fruitiers bordant la mer font  le charme de ce petit port de  pêche qui ajoute, avec le retour des pêcheurs, tous les soirs, une note de gaieté à la symphonie du festival.
Des spectacles organisés par le comité du festival permettant aux festivaliers de participer à la vie nocturne de Maharès.
Depuis sa création, le Festival International des Arts Plastiques organise également des rencontres-débats, le soir, à partir de dix-neuf heures, quand les artistes auront passé la journée à créer. C’est le moment de parler de l’art et de faire parler les arts. Des conférences ont lieu. Des artistes présentent leurs expériences picturales et artistiques, s’interrogent sur leurs parcours individuels et parlent des arts de leur pays. Le lieu du débat : la maison de la culture.
Cette année encore, les rencontres se répartissent en deux volets, théorique et pratique.
Côté théorie, on parlera de la création et ses différentes relations avec les autres langages, la communication et les autres arts. On passera de l’esthétique à des questions plus pointues et plus concrètes avec des des interventions prévues sur les modules, les matériaux de l’art, le coût de l’art et le prix de l’artiste.
Côté pratique, des artistes plasticiens vont présenter leurs œuvres et leurs itinéraires, souvent avec des supports visuels. Des artistes tunisiens, arabes et européens vont intervenir dans ce cadre.
Le festival fait aussi sortir l’artiste de son isolement créateur, le met en relation avec ses confrères afin qu’ensemble, ils créent ce réseau de relations nécessaire à la réussite du festival.

Bady Ben Naceur

(La presse -20.07.97)

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